Hommage à vous, Louise Bourgeois !

Elle avait encore l’œil vif et pétillant d’une femme de talent et de caractère. Elle portait ses 98 ans avec l’orgueil et la fierté d’une femme qui a accompli son destin, malgré les conventions, les pressions sociales, familiales, malgré son statut de femme.

Née le 25 décembre 1911, Louise Bourgeois passe son enfance entre l’appartement du boulevard Saint-Germain, la maison familiale de Choisy et le lycée Fénelon, où elle étudie. Ses parents sont restaurateurs de tapisseries anciennes. Son père est autoritaire et notoirement volage, sa mère protectrice et tolérante. Lorsqu’ils lui somment d’arrêter ses études en 1927, Louise se plie à leur décision, mais en apparence seulement. Dans les faits, Louise continue son parcours : l’Ecole Nationale des Beaux-Arts, l’école du Louvre, l’apprentissage auprès de Bissière et de Fernand Léger.

En 1938, elle part pour les Etats-Unis, dont elle prendra la nationalité en 1951.

Louise créée, dessine, peint, sculpte surtout. Des œuvres minimalistes ou monumentales, expressives, abstraites, surréalistes ou conceptuelles. Elle puise son répertoire dans son enfance, dans son inconscient, créant une œuvre intimiste, singulière, parfois violente. Désir, mort, violence, sexe, équilibre des forces sont ses thèmes de prédilection. Certaines de ses œuvres dérangent, aucune ne laisse indifférent. De fait, le travail de Louise Bourgeois n’est d’abord apprécié que d’un cercle étroit d’amateurs New-yorkais.

Puis, dans les années 70, elle est reconnue par son pays d’adoption. En France, il faudra attendre 1991 pour qu’elle reçoive son premier prix. Aujourd’hui, le monde entier salut son œuvre. Qui ne connaît pas ses monumentales araignées d’acier, ses poupées de chiffons amalgamées, ses maisons « cellules » en rapport à un père omniprésent, ses pénis en latex ?

Hommage à vous, Louise Bourgeois ! A votre liberté, votre audace, votre féminité…tous ces éléments dont sont faites vos œuvres qui nous parlent désormais de vous, à jamais.

On remonte ?