La face cachée de Niki de Saint Phalle au Grand Palais

Le Grand Palais accueille du 17 septembre 2014 au 2 février 2015 une grande rétrospective de Niki de Saint Phalle, une artiste engagée et à double facette.

Affiche exposition Niki de Saint Phalle au Grand Palais

Niki de Saint Phalle est une artiste pluridisciplinaire, reconnue de son vivant, mais dont la richesse et la complexité de l’œuvre reste encore méconnue du grand public.

Née en 1930 à Neuilly sur Seine, c’est à New York qu’elle passera son enfance et les débuts de sa vie. Sa carrière commence dans le mannequinat en 1948, elle fera la une des grands magazines comme Vogue, Harper’s Bazzaar ou encore Life Magazine.

 

Niki de Saint Phalle en couverture de Life Magazine
Photos de Niki de Saint Phalle dans Life Magazine / Crédit photo : o2c pour Blogarts

 

Mariée en 1949 avec Harry Mathews, elle commence à peindre ses premières toiles en 1950 en autodidacte. Puis, le couple s’installe en France pour fuir le maccarthysme. Elle y sera hospitalisée et soignée, suite à une grave crise nerveuse et la découverte d’une schizophrénie.

En 1956, elle réalise sa première exposition personnelle en Suisse, puis elle se joint en 1961 au groupes des Nouveaux réalistes pour l’exposition « Tir à volonté » où elle expose ses réalisations de tirs à la carabine sur des réservoirs de peinture dissimulés dans des œuvres en plâtre. Les plombs ou les balles perforant le plâtre pour laisser s’écouler la peinture sur l’œuvre.

 

Black window spider 1963 © Niki de Saint Phalle
Black Widow Spider 1963 – 45 x 43,5 x 9 cm – peinture et assemblage d’objets sur panneau de bois collection particulière, courtesy galerie Samantha Sellem, Paris, et galerie G.-P. et N. Vallois, Paris / Crédit photo : o2c pour Blogarts

 

En 1965 arrivent les premières « nanas », réalisées en tissu et en laine, qui évolueront par la suite dans des matériaux de résine ou de plâtre peint. Proche des Dadas depuis 1962, elle expose avec eux au MoMA de New York « Dada, Surrealism, and their Heritage » en 1968.

Puis elle travaille sur une nouvelle série de sculptures, les « Mères dévorantes » qui donne une vision moins gaie et euphorique que les Nanas, des mères aux côtés plus sombres.

 

La promenade du dimanche de Niki de Saint Phalle
La Promenade du dimanche – 185 x 215 x 200 cm polyester peint Niki Charitable Art Foudation, Santee, USA
© 2014 Niki Charitable Art Foundation, All rights reserved / Crédit Photo : o2c pour Blogarts

 

Elle tourne le long métrage Daddy en 1972 avec Peter Whitedead où elle révèle sans détours les rapports incestueux qu’elle subit à l’age de 11 ans, imposés par son père, pas si honorable banquier que cela !

Elle continue son travail sur les Nanas, tout en créant d’autres personnages, comme les Skinnies, des personnages filiformes et colorés. En 1978 elle commence à travailler sur le jardin des Tarots (en Toscane) qu’elle financera elle-même par la vente de meubles et d’objets de décoration de sa création, dont elle présentera les premières éditions en 1980.

 

EXPO-NIKI-SAINT-PHALLE-04

 

En 1984 elle s’engage dans la lutte contre le sida, réalise la série Black Heroes et prend position pour la communauté afro-américaine. 1994, ouverture du musée Niki au Japon, sortie de son livre de mémoires, 1996 réalisation d’une maison pour enfants en forme de lézard. En 2000 et 2001, elle fait de nombreuses donations à des musée et décède en 2002 à l’age de 71 ans suite à des insuffisances respiratoires  chroniques.

 

Maquette du Dragon de Knokke de Niki de Saint Phalle / Crédit photo : o2c pour Blogarts
Le Dragon de Knokke maquette 1973 50 x 121 x 170 cm résine peinte collection particulière / Crédit photo : o2c pour Blogarts

 

L’exposition de 200 œuvres et documents nous plonge dans le monde à double facette de cette artiste avant-gardiste dont l’œuvre oscille entre des séries aux couleurs vives, gaies et colorées, en opposition avec des œuvres beaucoup plus sombres, torturées et violentes.

Féministe et militante engagée dans de nombreuses causes, Niki de Saint Phalle est une des premières femmes à se positionner contre la pensée unique et les conventions. Il ne faut pas se contenter d’un regard minimaliste sur son œuvre, car elle possède plusieurs lectures et n’est pas forcement aussi simpliste qu’elle n’y parait. Une partie de son œuvre est là pour toucher un très grand monde et faire de son travail un art abordable et populaire au travers de ses projets monumentaux, comme ses fontaines, ses parcs ou maison pour les enfants. Une autre partie idéalise la femme, la mère, dans un univers chaud, coloré et joyeux, entre auto-portrait et désir d’une vie heureuse. Mais une autre partie, moins connue et emprise d’une profonde violence sous-jacente, qui hante ce travail et qui se nourrit de son ressenti du monde et des ses prises de positions en opposition à un monde beaucoup trop ancrée dans les conventions, la religion. Un monde trop masculin et pervers à son goût, découlant de son passé douloureux avec son père, qui l’a amené à prendre du recul pour « combattre ses dragons » et passer outre ses tristes souvenirs.

 

Skull (meditaion room) de Niki de Saint Phalle
Skull (Meditation Room) 1990 230 x 310 x 210 cm mosaïque de verre et de miroirs, céramique, feuille d’or Sprengel Museum, Hanovre, donation de l’artiste en 2000 © 2014 Niki Charitable Art Foundation, All rights reserved / Crédit Photo : o2c pour Blogarts

 

Niki de Saint Phalle
du 17 septembre 2014 au 02 février 2015
Grand palais – entrée Champs-Elysées
Avenue Winston-Churchill
75008 Paris

Horaires d’ouverture
Tous les jours sauf le mardi de 10h00 à 22h00.
Fermeture à 20h00 les dimanches et lundis

Transport
Métro : lignes 9, 1, 13 / stations : Franklin Roosevelt, Champs-Elysées-Clémenceau
Bus : lignes 28, 32, 42, 72, 73, 80, 83, 93
Parkings : Rond Point des Champs-Elysées à Invalides – Concorde
Vélib : Station n° 8029, 1, avenue Franklin-D.-Roosevelt (à proximité du palais de la Découverte), Station : 8001, avenue Dutuit (à proximité du Petit Palais)
Parkings : Rond-point des Champs-Elysées, place de la Concorde, par François-1er, Alma Georges-V, Champs-Elysées Lincoln, Matignon.

Tarifs
Entrée plein tarif : 13 €
Tarif réduit (13-25 ans, demandeur d’emploi, famille nombreuse) : 9 €
Gratuit pour les moins de 16 ans, bénéficiaires du RSA et du minimum vieillesse.

Pour toutes informations complémentaires c’est ici >> grandpalais.fr